II. Wiggins ou le pistard reconverti

5. Le retour du projet Wiggins

Aussi s’était-il rabattu sur le Tour d’Espagne 2011, épaulé par un certain Christopher Froome, lequel avait été, jusque-là, inconnu au bataillon et à peu près absent de la vie publique de Wiggins. Bien qu’ayant échoué à remporter cette Vuelta, Wiggins s’était réinstallé dans le rôle que lui avait assigné Dave Brailsford, le manager de l’équipe Sky, celui d’un coureur de Grands Tours, endurant sur trois semaines, apte à passer la montagne, capable de jouer le classement général. Pour prometteuse, sensationnelle et inattendue qu’elle fût, la deuxième place de Christopher Froome, devant son propre leader, relevait néanmoins de l’anecdote à ce stade du programme qui visait la victoire du Tour de France par Bradley Wiggins à brève échéance.  La troisième place de ce dernier, au contraire, devait plutôt être considérée comme le signe de sa montée en puissance et de son replacement dans le jeu des Grands Tours. Si la Vuelta avait constitué un objectif de substitution à très court terme, le Tour de France 2012 demeurait bien le nouvel et véritable objectif. Wiggins était l’objet d’un plan de préparation, que Froome ne pouvait remettre en cause sur la base d’une performance certes excellente mais sans garantie à long terme. En revanche, il y trouverait sa place, dans ce plan, en qualité d’équipier loyal et d’autant plus grâce à ses facultés révélées de grimpeur.

 

Jusqu’à ce que ses facultés lui procurent une envie de liberté et que la loyauté ne prenne un goût amer.