III. 2012, année Wiggins

5. Et Froome, pendant ce temps?

Au classement général final du Critérium du Dauphiné 2012, Evans se trouva troisième, coincé entre Bradley Wiggins et Michael Rogers d’une part, et Christopher Froome d’autre part, trois hommes de la même équipe Sky. Et on pouvait ajouter Richie Porte, neuvième. On retrouva donc la même bande qui s’était illustrée au Tour de Romandie, augmentée de ce cher Mr Froome, revenu pointer le bout de son nez, neuf mois après le fameux Tour d’Espagne de sa révélation.

 

Froome n’eut pas un début de saison glorieux. Avant ce Critérium du Dauphiné particulièrement réussi, il fut aussi en Romandie, auprès de Wiggins, avec Michael Rogers, Richie Porte et les autres snipers de la Sky, Geraint Thomas, Kanstantine Sioutsou, Danny Pate, et le sprinteur-maison Mark Cavendish. Mais en dehors des contre-la-montre, il resta dans le fond des classements  : 28ème du prologue, très modestement 39ème du chrono de Crans-Montana à 1’44’’ de Wiggins, soit juste devant Evans malgré tout, il fut très discret dans les étapes en ligne, si bien qu’il se classa 123ème de l’épreuve à presque trois quarts d’heure de son leader. Encore auparavant, il dut déclarer forfait pour Paris-Nice, pas assez bien remis d’une infection pulmonaire contractée sur le Tour d’Algarve en février, et se rabattit quelques jours plus tard sur le Critérium international, remporté par Evans. Il y enregistra le vingtième temps dans le contre-la-montre de 6,5 kilomètres à Porto-Vecchio, à 11’’ d’Evans, mais il arriva dans un groupe de retardataires au col de l’Ospedale, 76ème à 10’18’’.

 

Or quelques jours avant cette course, le 11 mars, pendant que Paris-Nice s’achevait sans lui avec la victoire de Wiggins, il eut un accident lors d’une sortie d’entraînement solitaire sur une route italienne, où il percuta un septuagénaire. Et puis, il y avait cette maladie parasitaire chronique qu’on lui diagnostiqua en 2010, la bilharziose, qu’il aurait contractée au Kenya, son pays de naissance, où il vécut longtemps et dont il posséda la nationalité jusqu’en 2008. La bilharziose est due à un ver hématophage et occasionne des périodes de fatigue, d’anémie. En somme, elle produit les effets exactement inverses à ceux que les dopés recherchent avec l’EPO. On doit contrôler périodiquement la progression de cette infection et il avale un antiparasitaire quand nécessaire en assurant ne bénéficier d’aucune autorisation à usage thérapeutique qui lui permettrait l’accès à des traitements ordinairement interdits.