VI. L'impossible union

La dix-neuvième étape de ce Tour 2012, courue en contre-la-montre entre Bonneval et Chartres sur une distance de 53,5 kilomètres, eut pour principal enjeu le dénouement de la guerre des nerfs à laquelle Wiggins et Froome s’étaient livrés à travers les Alpes puis les Pyrénées. S’il était devenu hautement improbable que Wiggins pût désormais perdre le Tour, en raison des 2’05’’ qu’il avait d’avance sur Froome, le frondeur loyal, il restait à savoir lequel des deux battrait l’autre pour l’étape. Une victoire de Froome dans ce long contre-la-montre remettrait en question davantage encore la suprématie décrétée de Wiggins dans le Tour. Au contraire, le Londonien tenait une bonne occasion de remettre en quelque sorte son équipier en place et de consolider son avance. C’est ce qu’il fit, remportant sa deuxième étape, à la vitesse de 49,987 km/h. Froome fut deuxième à 1’16’’. Le retard total cumulé de l’ex-Kényan sur son leader dans les contre-la-montre, prologue inclus, s’élevait ainsi à 2’00’’ – c’était la part indiscutable de l’avance de Wiggins sur Froome, les deux minutes incompressibles qu’il n’acquit que grâce à lui-même, sans le renfort d’aucune stratégie d’équipe ni concours de circonstance. Avec les 1’25’’ perdues par Froome sur crevaison le premier jour à Sereing et les 4’’ à lui recréditer à La Planche des Belles Filles et à La Toussuire, l’écart officiel entre Wiggins et Froome au classement général fut donc de 3’21’’.

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