VII. Le pacte mort-né

En remportant le Tour de France 2012, Bradley Wiggins atteignit l’objectif suprême de sa carrière, au prix de sacrifices insoupçonnables. Tout entier consacré à ce programme de conquête, placé au cœur d’une stratégie d’équipe monacale et draconienne, presque interdit de vie privée, il avait été comme transmué en champion-automate. Scruté par le staff de la Sky dans l’ensemble de son comportement, de l’entraînement à la nutrition, l’Anglais volontiers anticonformiste avait dû faire table rase de son passé de blagueur fantasque et désinvolte. Wiggins le déluré avait dû réprimer son tempérament qui l’incitait davantage à l’indolence qu’au surentraînement. L’alcool facile, la fainéantise, le laisser-aller, qu’on lui prêtait autrefois et qu’il évoquait lui-même, en exagérant peut-être, avaient été bannis. Amaigri, l’œil tourné vers les analyses de puissance, les pieds arrimés à son pédalier ovoïde, Brad le loufoque avait troqué sa décontraction pour la blouse du Dr Wiggins.

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